Impropères (G-B de Palestrina)

Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit.

R/. Veníte, adoremus.

Voici le bois de la Croix sur lequel le salut du monde a été suspendu.

Venez, adorons-le.

I

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.

Est-ce parce que je t’ai tiré d’Égypte que tu as préparé une croix pour ton Sauveur ?

Agios o Theós.

Ô Dieu saint.

Sanctus Deus.

Ô Dieu saint.

Agios ischyrós

Dieu saint ! Dieu fort !

Sanctus fortis.

Dieu saint ! Dieu fort !

Agios athánatos, eléison imas.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

Sanctus immortális, miserére nobis.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

Quia edúxi te per desértum quadragínta annis, et manna cibávi te, et introdúxi te in terram satis bonam : parásti Crucem Salvatóri tuo.

Est ce parce que, durant quarante ans, j’ai été ton conducteur dans le désert, que je t’y ai nourri de la manne et que je t’ai introduit dans une terre excellente ; est-ce pour ces service que tu as dressé une croix pour ton Sauveur ?

Agios o Theós.

Ô Dieu saint.

Sanctus Deus.

Ô Dieu saint.

Agios ischyrós

Dieu saint ! Dieu fort !

Sanctus fortis.

Dieu saint ! Dieu fort !

Agios athánatos, eléison imas.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

Sanctus immortális, miserére nobis.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

Quid ultra débui fácere tibi, et non feci ? Ego quidem plantávi te víneam meam speciosíssimam : et tu facta es mihi nimis amára : acéto namque sitim meam potásti : et láncea perforásti latus Salvatóri tuo.

Qu’ai-je dû faire pour toi, que je n’aie point fait ? Je t’ai planté comme la plus belle de mes vignes et tu n’as pour moi qu’une amertume excessive, car, dans ma soif, tu m’as donné du vinaigre à boire et tu as percé de la lance le côté de ton Sauveur.

Agios o Theós.

Ô Dieu saint.

Sanctus Deus.

Ô Dieu saint.

Agios ischyrós

Dieu saint ! Dieu fort !

Sanctus fortis.

Dieu saint ! Dieu fort !

Agios athánatos, eléison imas.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

Sanctus immortális, miserére nobis.

Dieu saint et immortel, ayez pitié de nous

II

Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.

J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.

Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.

Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ou vert le côté avec une lance.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.

J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego te pavi manna per desértum : et tu me cecidísti álapis et flagéllis.

Je t’ai nourri de la manne dans le désert, et tu m’as meurtri de soufflets et de coups.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego te potávi aqua salútis de petra : et tu me potásti felle et acéto.

Je t’ai fait boire l’eau salutaire du rocher, et tu m’as abreuvé de fiel et de vinaigre.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego propter te Chananæórum reges percússi : et tu percussísti arúndine caput meum.

A cause de toi, j’ai exterminé les rois de Chanaan, et toi tu m’as frappé la tête avec un roseau.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego dedi tibi sceptrum regale : et tu dedísti capiti meo spíneam coronam.

Je t’ai donné un sceptre royal et toi tu as mis sur ma tête une couronne d’épines.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Ego te exaltávi magna virtúte : et tu me suspendísti in patíbulo Crucis.

Je t’ai élevé en déployant une grande force, et toi tu m’as attaché au gibet de la Croix.

Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.

Ô mon peuple, que t’ai-je fait et en quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.

Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.

Est-ce parce que je t’ai tiré d’Égypte que tu as préparé une croix pour ton Sauveur ?

III

Crucem tuam adorámus, Dómine : et sanctam resurrectiónem tuam laudámus et glorificámus : ecce enim, propter lignum venit gaudium in univérso mundo.

Nous adorons votre Croix, Seigneur ; nous célébrons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par la croix que la joie a reparu dans le monde entier.

Deus misereátur nostri et benedícat nobis.

Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse.

Illúminet vultum suum super nos et misereátur nostri.

Qu’il nous manifeste sa bienveillance et nous fasse miséricorde.

Crucem tuam adorámus, Dómine : et sanctam resurrectiónem tuam laudámus et glorificámus : ecce enim, propter lignum venit gaudium in univérso mundo.

Nous adorons votre Croix, Seigneur ; nous célébrons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par la croix que la joie a reparu dans le monde entier.

IV

Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine.

Ô Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.

Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet.

O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !

Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine.

Ô Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.

Stabat Mater (Giovani Felice Sances

Stabat Mater dolorosa
juxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Elle se tint là, la mère endolorie
Toute en larmes, auprès de la croix,
Alors que son Fils y était suspendu.

Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.

Son âme gémissante,
Désespérée et souffrante,
Fut transpercée d’un glaive.

O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Unigeniti.

Ô qu’elle fut triste et affligée
La très sainte
Mère du Fils unique.

Quæ mœrebat et dolebat,
Pia Mater cum videbat
Nati pœnas incliti.

Qu’elle souffrit et fut endeuillée,
La pieuse Mère quand elle assista à
L’exécution de son illustre Fils.

Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Christ
Endurer si grand supplice ?

Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?

Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?

Pro peccatis suæ gentis
vidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.

Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Vidit suum dulcem natum
morientem desolatum,
dum emisit spiritum.

Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourant seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.

Eia Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.

Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Tui nati vulnerati,
tam dignati pro me pati,
pœnas mecum divide.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.

Fac me tecum pie flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !

Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Virgo virginum præclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

Vierge des vierges, resplendissante,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fac me plagis vulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.

Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse
Du Sang versé par ton Fils.

Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii.

Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l’heure de la justice.

Christe, cum sit hinc exire,
da per Matrem me venire
ad palmam victoriae.

Ô Christ, à l’heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.

Quando corpus morietur,
fac ut animæ donetur
Paradisi gloria.

À l’heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

Amen ! In sempiterna sæcula. Amen.

Amen ! Pour les siècles des siècles. Amen.

Crux Fidelis (Felice Anerio)

Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine.

Ô Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.

Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet.

O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !

Passion selon Saint Marc (Reinhard Keiser – 1705)

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